LES INTÉRÊTS QUI HARCÈLENT LA GNOSE
La GNOSE millénaire a rencontré, en diverses opportunités
de l'histoire, quelques adversaires qui toujours ont voulu signaler de
manière vulgaire les fondements gnostiques dans le propos de les
ridiculiser. Il est évident que, derrière ce harcèlement,
se cachaient quelques intérêts dogmatiques qui, voyant leur
continuité menacée, ont cherché à discréditer
de multiples façons la gnose ou le gnosticisme.
C'est pour ce motif lamentable que quelques auteurs, peu informés,
ont associé le gnosticisme à des tendances hérétiques
et anti-chrétiennes. Ceci est une absurdité dans la mesure
où les premiers fondateurs de l'Église reconnaissaient en
la Gnose leur meilleur appui. Rappelons-nous les grands mystiques Saint-Augustin
et Origène qui, étant les plus éminents Pères
de l'Église selon l'Encyclopedia Britannica, se sont déclarés
théologiquement gnostiques. De plus, il est salutaire de savoir
que Jésus lui-même fut lié à la caste des Ésséniens,
dont les manifestations gnostiques sont universellement reconnues.
Il est donc intéressant de comprendre aussi, à ce sujet,
que le même christianisme (postérieur à l'apparition
de la Gnose) trouva chez les philosophes gnostiques son premier point d'appui
pour arriver à se développer en ce temps-là. «
Les Nazaréens étaient connus comme Baptistes, Sabéens
et Chrétiens de Saint-Jean. Leur croyance était que le Messie
n'était pas le fils de Dieu, mais simplement un prophète
qui voulait suivre Jean ». (Origène, Vol. 11 page 150)
« Quand les conceptions métaphysiques des gnostiques qui
voyaient en Jésus le Logos et l'Oint commencèrent à
gagner du terrain, les chrétiens primitifs se séparèrent
des Nazaréens, lesquels accusaient Jésus de pervertir les
doctrines de Jean et de changer par un autre le baptême dans le Jourdain
» (Codex Nazarenus, Vol. 11 page 109).
D'un autre côté, ils étaient nombreux ceux qui,
cachant certains intérêts occultes, ont voulu semer le doute,
à savoir si la Gnose était ou non un instrument politique.
La réponse, il faut la chercher dans les principes de fond de la
doctrine gnostique et non dans les délires de grandeur dont ont
souffert certains leaders politiques qui se sont crus, d'eux-mêmes,
prédestinés à gouverner le monde. L'authentique gnosticisme
n'a qu'une seule finalité, que nous avons déjà commentée
dans des paragraphes antérieurs, et qui est de rendre
l'homme conscient de la raison de son existence.
Ce ne fut jamais la faute de la Gnose
si certains sujets (parfois liés à la politique), se croyant
eux-mêmes Gnostiques,
ont commis des actes contre l'ordre, les bonnes coutumes, et en général,
contre l'humanité. Ce cas est semblable à celui de certains
« seigneurs inquisiteurs catholiques » du Moyen-Âge,
qui, loin d'être l'incarnation de principes chrétiens, se
couvraient cependant du manteau de la chrétienté pour commettre
des crimes contre des innocents et contre des hommes illustres.
Les folies de beaucoup de pseudo-gnostiques qui ont existé dans
quelques époques de l'histoire ne cadrent sous aucun angle ni avec
la doctrine gnostique primitive, ni avec l'actuelle. Le gnosticisme
prêche toujours le « A-HIMSA » (la non-violence) et ceux
qui arguent de la violence comme excuse pour leur tâche et prétendent
se présenter comme gnostiques, sont un fidèle reflet du pharisianisme
existant à toutes les époques et dans toutes les doctrines
de l'humanité.
Si, d'un autre côté, quelqu'un pouvait se demander, ne
serait-ce qu'un moment, si la Gnose
n'est pas une connaissance traumatisante qui peut réprimer la liberté
de l'être humain, nous devons répondre, pour faire honneur
à la vérité, que la Gnose
cherche avant tout la connaissance intégrale de soi-même comme
base essentielle pour édifier une vie plus digne, consciente et
transcendante.
La psychologie gnostique est l'ancienne philocalie
des Égyptiens et des Védas hindoustans dont l'objectif essentiel
est de connaître la cause de tous nos traumas, problèmes,
déboires, erreurs, vices, attitudes erronées... dans l'unique
fin de parvenir à leur compréhension intégrale et,
ensuite, à leur dissolution.
Est-il, par hasard, traumatisant que l'homme mette de l'ordre dans sa
façon de penser, de sentir et d'agir ? Peut-il arriver à
un moment donné que cette connaissance rende esclave, alors qu'avant
tout elle propose la libre initiative, et jamais n'impose de critères,
mais invite l'être humain à réfléchir profondément
face à la vie ? Ou serait-il mieux par hasard de continuer à
être esclave d'un monde intérieur inconnu, rempli de pensées
négatives, d'émotions inférieures et d'attitudes instinctives
sans freins ?
Le patient lecteur doit savoir, comme l'a exprimé à juste
titre le fondateur de ces études, que toute tentative de libération,
aussi grandiose soit-elle, si elle ne tient pas compte de la nécessité
de dissoudre l'ego (ensemble de défauts, erreurs et vices)
est condamnée à l'échec.