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La Vie d'un Maître

Une esquisse biographique


I. LES ANNÉES D'APPRENTISSAGE

Samaël Aun Weor n'a pas jugé bon d'écrire une autobiographie. Il a cependant émaillé plusieurs de ses oeuvres d'assez nombreux éléments biographiques qui permettent quand même de brosser à grands traits le panorama de son existence terrestre. Par ailleurs, la vie extérieure n'étant - plus encore chez cet homme que pour le commun des mortels - que la manifestation périphérique et superficielle d'une vie intérieure infiniment plus riche, plus féconde, foisonnante d'événements invisibles, une relation de cette manifestation extérieure est-elle réellement justifiable ?

La Gnose éternelle nous enseigne que nous ne sommes pas notre corps, mais l'Âme ou, pour mieux dire, l'étincelle animique - car nous n'avons encore qu'un embryon d'Âme, alors qu'un Maître a créé son Âme - qui habite ce corps . Celui-ci est donc simplement un véhicule ou un vêtement, un instrument de connaissance dans le monde physique. Un véhicule très précieux, certes, bien qu'il ne " vaille pas un sou ", dit le Maître Samaël, car c'est l'instrument de notre Réalisation, renfermant la matière première : pas de corps, pas de Réalisation de l'être. Les Anges ont atteint un certain degré de perfection, mais s'ils veulent compléter l'Oeuvre, ils doivent reprendre un corps humain, redescendre dans le ventre d'une femme pour s'incarner dans un corps terrestre, malgré le risque - à notre époque surtout - de " tomber "...

En outre, pour revenir à notre auteur, celui-ci considérait son existence présente comme un segment, un maillon dans une longue chaîne d'existences successives dont il se disait tout à fait conscient, de sorte qu'elles formaient à ses yeux une seule longue existence, sans interruption. L'auteur a d'ailleurs parsemé ses oeuvres d'allusions à ses existences passées, qui permettent de se faire une idée, fragmentaire bien sûr, du parcours d'une Âme. Celui donc qui veut tracer une biographie un tant soit peu exhaustive de Samaël Aun Weor, ne devra-t-il pas parler aussi de ses existences antérieures ? C'est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivé Oscar Uzcategui2 qui consacre à l'auteur un ouvrage monumental (plus de 700 pages !), intitulé Samael Aun Weor, El Hombre Absoluto (" S.A.W., l'Homme absolu ").

Notre propos sera ici, dans le cadre de cette " introduction ", nécessairement plus humble. Après avoir posé, dans notre présentation du premier tome, quelques repères généraux, nous tenterons à présent (et dans le prochain tome) de suivre d'un peu plus près l'existence actuelle de notre auteur. Nous nous baserons sur les quelques éléments biographiques qui parsèment ses oeuvres et sur les témoignages de personnes proches - surtout des disciples et collaborateurs -, sans oublier le livre précité d'O. Uzcategui et celui de Fernando Salazar (qui a été le " secrétaire " de Samaël Aun Weor dans les dernières années de son existence terrestre), intitulé El Rayo del Superhombre (" La Foudre du Surhomme ").

Sans vouloir, certes, faire un culte de la personnalité. " Je ne suis rien, répétait le Maître Samaël, le Christ interne est tout ! " Et il fustigeait ceux qui " mâchaient les feuilles mortes de [son] passé... " Cette indifférence est tout à fait en accord avec l'attitude des gnostiques des premiers siècles de notre ère, telle qu'elle transparaît dans leurs écrits : en effet, à l'encontre des Évangiles canoniques, qui mettent l'accent sur la biographie du Christ Jésus, les vieux textes gnostiques chrétiens ne parlent presque pas de la vie de Jésus, se concentrant sur ses enseignements. Le Jésus historique importait peu aux anciens gnostiques, qui ont toujours méprisé les biographies, trop réductrices. Puisque c'est l'être interne, le " Père qui est en secret " qui compte, et que la " vie " du Père intérieur ne peut être réduite aux anecdotes constituant l'existence de son "Boddhisattwa", c'est-à-dire, de son véhicule humain.

Ce qui importe donc, c'est l'homme intérieur, d'essence divine, et c'est le développement de cet homme intérieur en chacun de nous qui est au centre de la sotériologie de Samaël Aun Weor. Néanmoins, notre monde mettant l'accent sur l'homme extérieur, sur la manifestation épiphénoménale d'une personne, c'est pour répondre à cette préoccupation que nous retracerons les quelques faits historiques suivants de l'existence terrestre du Maître Samaël. Ces quelques notes ne rendront sûrement pas justice au maître à penser, au véritable " docteur gnostique ", à l'Homme cosmique que fut Samaël Aun Weor. Mais elles répondront, nous l'espérons, à une certaine attente du public en général et des gnostiques en particulier.