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LA QUÊTE DU SENTIER INTÉRIEUR

Le Maître Samaël a pressenti dès son enfance sa mission comme Avatar (Messager) des mondes divins à l'aube de l'ère du Verseau. Après avoir vécu le Maha-Samadhi, cette mission lui apparut plus clairement et le renforça dans sa détermination à atteindre la "libération", pour le bien de " l'humanité souffrante ", pour laquelle il doit ouvrir la porte des Grands Mystères initiatiques et lever le voile du Sanctuaire. C'est donc avec une ardeur redoublée qu'il approfondit sa recherche des causes de la déchéance humaine actuelle, et surtout, des clefs concrètes grâce auxquelles nous pouvons accomplir notre rédemption, c'est-à-dire, nous régénérer et réaliser notre nature divine.

La connaissance théorique de ces causes et des mystères de la vie et de la mort ne l'intéresse pas. Le jeune aspirant veut " toucher, voir et entendre ce dont parlent les religions " et dont elles font bien souvent un objet de croyance aveugle. Il veut surtout connaître par expérience propre les lois et mécanismes qui régissent le comportement et l'existence des " humanoïdes ". Il veut découvrir les processus cachés, les ressorts secrets qui régissent la conduite de ces " mammifères intellectuels " ou " animaux rationnels ", comme il appellera aussi les humains à cause de leur inconscience chronique et de leur totale ignorance des véritables enjeux de l'existence.

Pour entreprendre une transformation spirituelle effective, nous devons savoir en effet qui nous sommes vraiment, inventorier " ce que nous avons en trop et ce qui nous manque ", comprendre où nous en sommes réellement dans l'échelle de la vie, car nous ne pouvons partir que du point précis où nous nous trouvons, d'où l'importance capitale de l'auto-observation et de l'auto-analyse lucide, sans complaisance d'aucune sorte. Or, la très grande majorité des humanoïdes n'ont aucune idée de ce qu'ils sont vraiment, de leur état psychique réel, de leur " niveau de conscience " dans l'échelle de la vie, désirant entreprendre le processus de la Réalisation de l'être à partir d'une idée abstraite et fantaisiste d'eux-mêmes, à partir de ce qu'ils s'imaginent être ou de ce qu'ils voudraient être. C'est pourquoi la plupart échouent lamentablement, sont désillusionnés et remplis d'amertume à l'égard d'un " travail " intérieur qui les a conduits en fait à une impasse... Ils n'ont pas compris que la connaissance de soi est le fondement de toute réalisation spirituelle : " Connais-toi toi-même, répétait Socrate, et tu connaîtras l'Univers et les dieux ! "

Bref, si la Réalisation semble presque inaccessible, c'est parce que nous sommes littéralement emprisonnés dans des camisoles de force psychologiques et intellectuelles et qu'ainsi, nous sommes coupés de tout contact avec la Réalité. Et, qui plus est, l'aliénation et le vide existentiel de l'humanité sont systématiquement encouragés par la société - parce que rentables au niveau économique et politique - et même par les sectes et religions. Quelle société, quelle religion, en effet, est intéressée à la Réalisation de ses membres, à ce qu'ils s'émancipent de son contrôle ? La véritable autonomie est pénalisée, la liberté étouffée. Il ne reste d'autre recours que la rébellion - une rébellion intelligente, psychologique...

Au fil de ses expériences intérieures, de ses lectures et prises de conscience, Samaël Aun Weor découvrira en outre que la nature elle-même n'est pas intéressée à la Réalisation humaine. Pire, elle se déchaîne contre celui qui ose la braver en empruntant le Sentier initiatique. Car chaque organisme vivant - plante, animal ou être humain - est en quelque sorte une machine dont le rôle est de capter les énergies cosmiques et de les retransmettre à la Terre. C'est pour cette raison que la Terre a créé la vie qui la recouvre. Nous délivrant de l'influence terrestre, la Réalisation - l'oeuvre du Soleil - est donc contre-nature, c'est une véritable révolution " contre tout et contre tous ". C'est là le sens de ces paroles évangéliques : " Le ciel doit être pris d'assaut : les courageux l'ont pris. " Le Christ lui-même était un révolutionnaire qui enseignait le " chemin très étroit " de la transformation radicale, que très peu de gens empruntent : " Des mille qui m'écoutent, un seul me sut, disait-il. Des mille qui me suivent, un seul est mien... "

C'est Gurdjieff et son disciple Ouspensky qui procureront au Maître Samaël le vocabulaire et les concepts intellectuels qui lui permettront de formuler cette notion capitale que tous ceux qui aspirent au Grand-oeuvre doivent absolument comprendre.

De même reprendra-t-il de Krumm-Heller la notion du grand arcane (qui signifie " grand secret ") de la Magie sexuelle, qu'il avait connue notamment dans l'antique Égypte et dont il s'était " ressouvenu " au cours de ses expériences astrales et de ses investigations dans ses existences antérieures. Poursuivant ses recherches sur cette question centrale qui deviendra la clef de voûte de sa sotériologie, il en découvrira le modus operandi dans le Tantrisme tibétain, dans le Maïthuna Yoga, dans l'Alchimie chinoise et médiévale, dans l'art et les mythes des Mayas, Aztèques et Égyptiens, etc.

Bien qu'il ait rejeté, avons-nous dit, la prison des connaissances intellectuelles et les préjugés sclérosants de la science matérialiste, Samaël Aun Weor n'en affirme pas moins que " le pire ennemi, c'est l'ignorance ", prônant la nécessité d'une " puissante culture intellectuelle ". " Le triple chemin de la Science, de la Philosophie et de la Mystique cosmique révolutionnaire nous conduit aux régions ineffables de la Grande Lumière ", écrit-il dans ses Notions fondamentales d'Endocrinologie et de Criminologie, ajoutant : "Lorsque la science occidentale et la science orientale s'uniront, l'homme disposera alors d'une véritable culture intérieure, intégrale, libre de tout matérialisme sectaire... Les deux approches se complètent harmonieusement et nous donneront dans le futur une nouvelle culture et une nouvelle civilisation hautement mystique et supérieurement technique et scientifique."

Et parallèlement à son travail intérieur très intense, jamais il ne cessera d'étudier alchimistes et traités scientifiques, le Livre des Morts égyptien et la Divine Comédie de Dante ou les oeuvres philosophiques de Kant, les mystiques persans et les textes gnostiques des premiers siècles de notre ère, etc. Car il doit " documenter " ses enseignements, trouver les mots, les formules capables d'habiller adéquatement les concepts transcendants qu'il lui faut transmettre, ce qui n'est pas facile, son message ne relevant pas fondamentalement de l'intellect rationnel, mais de la " logique du coeur ", de la Science supérieure de l'être.

C'est en ces termes qu'il explique, dans une entrevue accordée à J.L. Lora Morales , la difficulté de traduire cette Sagesse qu'il reçoit de l'Esprit divin au cours de ses expériences extatiques dans les plans supérieurs : " La chose la plus difficile pour moi consiste à adapter à l'atmosphère culturelle contemporaine l'information que je rapporte des mondes supérieurs. Il me faut par conséquent documenter l'enseignement et je dois lire un grand nombre d'ouvrages pour pouvoir traduire dans le langage et les notions d'aujourd'hui ce que je reçois des autres plans de conscience... "

Le génie de Samaël Au Weor, c'est d'avoir fondu cet immense savoir en une doctrine cohérente et pratique, dans un langage simple, direct et efficace. Sa propre expérience lui a servi de guide, de fil conducteur. Et cette expérience, conjuguée avec les enseignements reçus des Maîtres vivant dans les plans transcendantaux, lui a évité de se perdre dans le dédale amer des théories.